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L'aquarelle, source de liberté des peintres

Exposition L'âge d'or de la peinture anglaise

L'aquarelle, source de liberté des peintres

L'aquarelle, source de liberté des peintres

Published at 20 December 2019
Avec la Révolution française et les guerres qui l’ont suivie, les déplacements en Europe sont devenus plus difficiles. Les artistes anglais se sont donc tournés vers leur territoire national et cette contrainte est bientôt devenue le terreau de définition d’une identité britannique. La campagne anglaise en particulier est devenue un sujet d’inspiration majeur, et l'aquarelle se développe.

Les artistes sillonnent le territoire britannique et réalisent des nombreuses études peintes directement sur le motif. Ils utilisent pour cela l’aquarelle, qui nécessite un équipement peu encombrant mais permet de subtiles variations de couleurs. Grâce à cette technique, les peintres cherchent à rendre les plus infimes variations atmosphériques qu’ils observent. L’aquarelle a aussi contribué à libérer la touche des peintres, déjà rendue très fluide et suggestive par Gainsborough.

Dans les années 1760 et 1770, l’aquarelle est encore utilisée de façon traditionnelle, c’est-à-dire avant tout pour apporter de la couleur à des dessins.
Francis Towne, Alexander Cozens, son fils John Robert et Joseph Mallord William Turner, découvrent de nouvelles façons d’exploiter ce médium, en
travaillant par lavis, par aplats ou par taches.

De cette façon, la couleur acquiert indépendamment du trait un pouvoir figuratif propre. L’aquarelle contribue ainsi à la vitalité de la peinture de paysage en Angleterre.

Mécontents de la manière dont leurs œuvres étaient accrochées, notamment à la Royal Academy, les aquarellistes se regroupent dans la Society of Painters in Water Colours et organisent leurs propres expositions à partir de 1805. De petites dimensions, relativement peu coûteuses et représentant généralement des sujets faciles d’accès, les aquarelles s’adressent désormais à un marché de l’art bourgeois en plein essor. La liberté qui s’exprime dans ce médium semble bien correspondre aux aspirations nouvelles d’une société de marché.

La recherche de sujets susceptibles de faire impression lors des expositions et d’alimenter ses projets commerciaux amène Turner à sillonner le pays. Au cours des années 1790, il entreprend ainsi plusieurs voyages dans le nord du pays, qui culminent avec un tour de l’Écosse en 1801. Dans Lac et Montagnes (ci-contre), esquisses exécutées lors de ce voyage, il exprime une grandeur qui annonce les paysages ultérieurs imprégnés par la puissance de la nature.

 

 

 

Légende oeuvre : Joseph Mallord William Turner, Lac et Montagnes, vers 1801
Aquarelle sur papier 28,1 × 43,5 cm
Parvenu dans les collections nationales avec le legs Turner en 1856 © Londres, Tate

 

Découvrez les sublimes aquarelles de l'exposition L'âge d'or de la peinture anglaise jusqu'au 16 février 2020 ! 

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